CONFERENCE de PRESSE du 15 MAI 2009
Synthèse de la situation à LYON
Un corps de doctrine a été élaboré depuis une quinzaine d’années environ, se traduisant par une ambition politique importante affichée qui se poursuit toujours.
Actuellement, il existe un décalage important entre l´ambition affichée du Grand Lyon (Vélo´v, part modale des vélos à 5%, zone 30 la plus importante d´Europe, chartes du piéton, pour l’accessibilité, pour le développement de l’usage du vélo, charte de la participation, nouveau quartier de la Confluence prioritaire aux modes doux, Berges de la Saône, ...) et la réalité vécue sur le terrain, les pratiques, les habitudes et les aménagements de voirie ou des espaces publics.
Des déceptions et un manque de visibilité sur ce second mandat (2008-2014), le 1er ayant été porté par le succès de Vélo´v qui plafonne aujourd’hui et l´aménagement des Berges du Rhône.
1/ La volonté politique du Grand Lyon s’est portée essentiellement sur des projets-phares plutôt réussis sur le 1er mandat (2001-08) : aménagement des Berges du Rhône et le systéme Vélo’v.
Il y a eu, aussi, la création de Pignon sur Rue, l’aménagement de 2 pistes cyclables à la Part-Dieu et sur le quai Pierre Scize, ainsi que le long de la ligne de tramway LEA ou T3 (de la gare de la Part-Dieu à Meyzieu).
Pas grand-chose pour les piétons : les places au-dessus des parkings souterrains à St-Georges, au Gros Caillou à la Croix-Rousse, Lazare Goujon dans le centre de Villeurbanne, … et la zone 30 du centre-ville de Lyon, plus quelques avancées de trottoir aux carrefours.
Ce second mandat (2008-2014) portera sur le nouveau quartier de la Confluence dédié aux modes doux, et à l’aménagement des berges de la Saône. De grands projets d’urbanisme sont en cours : le Carré de Soie à Villeurbanne - Vaulx-en-Velin, la caserne Sergent Blandan dans le 3°, … ainsi que des pistes cyclables et des aménagements piétonniers le long des nouvelles lignes de tramway : T4 de Lyon à Vénissieux - Feyzin (inaugurée en avril 2009), du Confluent à Gerland, … et sous le second tube à créer pour le tunnel de la Croix-Rousse, dédié aux transports en commun et aux modes doux.
Des passerelles piétonnes sont également prévues sur le Rhône à Gerland et à la Cité Internationale.
2/ La révision du Plan Modes Doux du Grand Lyon affiche une volonté de passer la part modale du vélo de 2% environ à 5% « en moyenne », mais : le remonte-pentes (vélo + piétons) de la Croix-Rousse est actuellement abandonné pour des raisons budgétaires, de même que d’autres nouveaux aménagements (rue Garibaldi, …) sont reportés. Les études portent, actuellement, sur les double-sens cyclables sur Lyon et surtout Villeurbanne dont l’application doit être réalisée pour 2010, grâce au nouveau décret de juillet 2008 : plusieurs hypothèses existent, selon la largeur des voies mais la proposition actuelle du nouveau plan est la plus basse (3,50m de largeur au minimum) et le vote des élus est annoncé pour juillet 2009. Selon ce critère, sur un total de 86 km, 19 km seulement seraient éligibles aux doubles sens !
Les projets de zones de rencontres sont laissés à l’initiative des maires d’arrondissement et des communes du Grand Lyon (places de la Croix-Rousse dans le 4° arrondissement, du Transvaal dans le 8°, ZAC des Maisons Neuves ou rue Henri Barbusse à Villeurbanne, …) et nous n’avons pas encore de vue d’ensemble. Actuellement, il existe très peu de propositions.
3/ La critique des associations porte sur le manque de volonté et de lisibilité globale de cette politique : zone 30 de Lyon dont la municipalité se satisfait, comme étant la plus grande d’Europe mais sans véritable contenu ni perspective ou ambition affichée, réseau cyclable toujours en voie de réalisation, par petits tronçons, traitement insuffisant des « points noirs » ou dangereux, priorité donnée au stationnement automobile, malgré l’existence de nombreux parkings souterrains (dont le taux de remplissage est largement insuffisant, autour de 50%), gérés par Lyon Parc-Auto.
De nombreux projets de parkings continuent d’ailleurs à se réaliser (gare de la Part-Dieu, …).
Il y a un décalage entre l’ambition, affichée par le PDU (Plan des Déplacements Urbains) de Lyon, adopté en 2005 ; l’objectif de part modale du vélo à 5%, la charte Piétons, les campagnes de communication institutionnelle et la réalité vécue sur le terrain où les associations se heurtent, souvent, à un mur d’inertie et de choix techniques incohérents (comme le traitement, dangereux, des passages piétons dans le 2°, l’oubli des handicapés sur les berges du Rhône, …).
Le piéton et le cycliste sont considérés comme mineurs face aux acteurs économiques, aux techniciens et à de nombreux élus d’arrondissement : il faut toujours prouver leur utilité et leur rôle dans la cité.
Pourtant, l’accidentologie des piétons est toujours médiocre sur l’agglomération lyonnaise et les pouvoirs publics sont dépassés par les périodes de pollution de l’air (la dernière a duré une dizaine de jours, en janvier), malgré les PPA (Plan de Protection de l’Atmosphère) et PRQA (Plan Régional de la Qualité de l’Air) et autres mesures institutionnelles.
Cette pollution atteint parfois des pics, mais surtout s’installe durablement à certaines périodes de l’année et est devenue un enjeu important de santé publique.
Il serait souhaitable :
- de boucler, réellement, le réseau cyclable, sur l’agglomération, par des axes protégés et la mise en place généralisée des double-sens cyclables à Lyon, Villeurbanne et d’autres communes voisines telles que Bron, Caluire, Tassin, Oullins, Vénissieux, St-Fons, … ;
- de tranquilliser la zone 30 de Lyon avec, notamment, la création de ralentisseurs et de zones de rencontres, sur les places de la Presqu’île (Jacobins, Carnot, Terreaux, …) ;
- de créer d’autres zones de rencontres ou zones 30 sur Villeurbanne, Oullins, Vénissieux, Vaulx-en-Velin, … dans les centres-villes et les quartiers, aux abords des écoles, des gares ou des espaces accueillant un public important (salles des fêtes, salles de concerts comme le Toboggan à Décines, le Radiant à Caluire, le Luminier à Chassieu, la salle Gérard Philippe à Vénissieux, …) ;
- d’empêcher, systématiquement, le stationnement sauvage ou abusif, par la police du stationnement, des aménagements cohérents, …
La qualité de vie d’une cité, la cohésion sociale, ne se décrètent pas et l’ambition internationale de l´agglomération lyonnaise ne se mesure pas, seulement, à ses grands projets, ses grandes infrastructures. Elles sont aussi le fruit d’un travail, au quotidien, sur l’ensemble du territoire de la Communauté Urbaine et d’une volonté publique d’y faire participer tous les acteurs de la cité, à commencer par les plus vulnérables.
Gilbert LIEUTIER, Président de La Rue de l’Avenir-France.
Jean-Claude CHAUSSE, correspondant local de La Rue de l’Avenir (06 74 11 05 19).
Yves GASCOIN, Président des Droits du Piéton du Rhône.
Rue de l’Avenir-Lyon : à Pignon sur Rue, 10 rue St-Polycarpe, 69001 Lyon
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Zones de rencontre, proposées par Rue de l’Avenir, sur l’agglomération lyonnaise
Liste, non-exhaustive, de rues et places qui pourraient être classées en zones de rencontre. Premières propositions :
1) dans la Presqu’île de Lyon en zone 30 :
- place Carnot ;
- place des Jacobins (avec les rues de Tournes, de l’Ancienne Préfecture, Port du Temple, J. Fabre et E. Zola : pour un axe de la place de la République à la place Bellecour, la place de Célestins et les berges de la Saône) ;
- place St-Paul (devant la gare) ;
- place de la Croix-Rousse ;
- secteur du bas des pentes de la Croix-Rousse : de la place Croix-Paquet à la place Sathonay, la rue Sergent Blandan, le Jardin des Chartreux, jusqu’à la rue René Leynaud (excepté la rue Terme) : du tunnel de la Croix-Rousse (2° tube prévu pour les transports en commun et les modes doux) jusqu’aux berges de la Saône et la place des Terreaux ;
2) à Villeurbanne :
le secteur central de l’Hôtel de Ville et des Gratte-ciel, avec la rue Henri Barbusse.