Publication du bulletin #80 Juillet 2026
Bulletin 80 juillet 2026
Voir le bulletin 80 complet
Voir tous les bulletins de Rue de l’avenir
Voir ci-dessous les contributions des différents correspondants locaux au bulletin 80 de juillet 2026
Quand les habitants initient la piétonisation de leur rue
Grenoble (38) – Philippe Zanolla – Rue de l’Avenir
© Rue de l’Avenir
Si les progressions de zones piétonnes et d’espaces végétalisés sont réalisées à l’initiative des communes, plus rares sont les fermetures à la circulation automobile d’une portion de rue émanant d’habitants. C’est pourtant ce qui vient de se passer rue Henri Le Chatelier à Grenoble.
Après avoir co-organisé une rue aux « vieux ados », suivant le concept des Rues aux enfants, rues pour tous, des citoyens engagés dans une démarche d’apaisement de leur quartier ont souhaité pérenniser la fermeture d’une portion de la rue comprenant la piscine et un centre social. Après avoir déposé un dossier dans le cadre du budget participatif et après l’instruction des services ville et Métropole, le projet a été validé et réalisé.
Aujourd’hui la rue présente un tout autre aspect. La linéarité a été cassée avec l’implantation de massifs fleuris, la présence d’arbres vient rafraîchir la rue l’été et surtout les accès à la piscine et au centre social sont sécurisés.
Pour en savoir plus https://www.grenoble.fr/article/1750/571-travaux-de-pietonisation-et-vegetalisation-de-la-rue-henry-le-chatelier.htm
Mise en œuvre du schéma directeur cyclable : les piétons consultés !
Dijon métropole (21) – Christian Germain, Michel Petit – Rue de l’Avenir
Après avoir adopté en 2023 son nouveau schéma directeur cyclable, Dijon métropole se décide – enfin ? – à passer à l’action en lançant deux études.
L’une vise à la «mise en œuvre opérationnelle du schéma directeur cyclable», l’autre à élaborer «un plan de circulation destiné à limiter le trafic de transit dans les quartiers résidentiels et à réduire les vitesses excessives» .
Les deux bureaux d’études, qui viennent de se mettre au travail, ont – spontanément ou incités par la Métropole ? –, souhaité rencontrer les représentants des cyclistes bien sûr mais aussi ceux des piétons, en l’occurrence, le collectif Piétons dans la métropole dijonnaise !
Cette démarche nous semble très positive, elle vient confirmer la volonté d’associer les piétons aux projets d’aménagements cyclables : depuis quelque temps, les piétons sont systématiquement conviés aux réunions de présentation aux associations des nouveaux aménagements cyclables.
À propos de la mise en œuvre du nouveau schéma cyclable, nous avons fermement insisté sur la nécessité de ne pas créer de nouvelles zones de conflits piétons / cyclistes.
Un Collectif Mobilités relancé
Nantes métropole (44) – Maryvonne Dejeammes – Rue de l’Avenir
Plusieurs associations membres de la structure Écopole, CPIE de Nantes Métropole, se sont regroupées pour porter les objectifs d’un partage de l’espace public, d’une mobilité plus durable pour l’environnement et plus sûre pour les citoyens.
Après la diffusion de leurs préconisations sur les enjeux de la mobilité, le groupe de quatorze associations dont Rue de l’Avenir Grand-Ouest, ont engagé une réflexion sur la cohabitation entre modes de déplacement.
Les aménagements des voiries et les espaces publics n’expliquent pas seuls les conflits d’usage entre piétons et cyclistes (et trottinettistes), piétons et automobilistes, etc.
À destination de toutes les communes, les propositions concerneront les comportements des citoyens et interpelleront sur la nécessaire co-construction pour les projets d’aménagement et intervention sur l’espace public.
Un théâtre-forum pour clôturer le premier Forum mobilités seniors, organisé par Naolib
Nantes Métropole (44) – Stéphanie le Dantec – Rue de l’Avenir Grand Ouest
© Rue de l’Avenir
Le 16 juin 2026, le réseau de transport en commun de l’agglomération nantaise Naolib a organisé un Forum mobilités seniors à destination des personnes fréquentant le CCAS de la ville de Nantes et des adhérentes de l’Orpan, l’association des seniors nantais.
En fin de journée, Rue de l’avenir Grand Ouest y a proposé une animation de théâtre-forum avec la troupe du «e collectif».
« Anticipez l’arrêt à venir de l’usage de la voiture », l’idée était de présenter le bouquet de services de Naolib pour changer ses modes de déplacement dans un contexte de perte de compétences de la conduite automobile, mais aussi de sensibiliser à la sécurité routière.
La matinée a débuté par deux conférences d’experts :
- l’une de Joël Meissonnier, sociologue et chargé de recherche au Cerema, qui a exposé les résultats de quatre années d’enquête menées sur le territoire de la Métropole Européenne de Lille (MEL), « La démotorisation des personnes vieillissantes : un virage difficile à négocier dans l’histoire de vie des baby-boomers ? » ;
- l’autre, de David Maubert, directeur des services de mobilités de Nantes Métropole, pour présenter le projet de doublement du pont Anne-de-Bretagne (faisant la part belle aux modes actifs) et l’arrivée de deux lignes de tramway (L6 et L7) et d’une nouvelle ligne de busway électrique (L8).
Des ateliers et des animations l’après-midi
Tout au long de l’après-midi, des stands et animations étaient proposés par les partenaires pour des conseils plus personnalisés :
- Naolib et les solutions de mobilité disponibles, présentation des offres d’autopartage et le stationnement en parking public, des vélos Naolib vélo, ateliers sur la prise en main de la nouvelle application ;
- La MAIF et ses lunettes 3D d’immersion dans des parcours marche, vélo, moto ;
- Sécurité routière, atelier de révision du code de la route, atelier « bien cohabiter entre automobilistes et cyclistes, ateliers angle morts et ouverture de porte à la hollandaise;
- Atelier Semitan sur les bons réflexes à avoir dans le bus.
Un théâtre-forum pour clôturer la journée
Interactive, joyeuse et décalée, la séquence du théâtre-forum est venue donner du relief aux principaux temps forts de la journée et laisser les participants s’exprimer sur la façon dont ils ont vécu cette journée et comment ils se projettent dans leur quotidien. Un format d’animation qui fonctionne bien, avec une bonne participation du public, qui permet d’écouter, lors d’un temps de partage authentique et spontané, les réalités quotidiennes tout en s’amusant et en prenant de la distance.
Cette animation pourrait être reconduite à l’occasion de la semaine bleue en octobre 2026, dans l’une des communes de Nantes Métropole.
Un nouveau maire à Clermont-Ferrand : une politique de mobilité durable trop engagée pour être remise en question par de simples ajustements en faveur de la voiture
Clermont-Ferrand (63) – Serge Fabbro – Rue de l’Avenir
La mairie de Clermont-Ferrand a changé de majorité en mars 2026 avec l’élection de Julien Bony (LR), mettant fin à la longue gestion de gauche et écologiste d’Olivier Bianchi (PS).
Sa campagne a promis un rééquilibrage en faveur de la circulation motorisée et d’une meilleure prise en compte des automobilistes, éprouvés par trois années de travaux et par le nouveau plan de circulation. Dès le 9 juin, trois avenues jusque-là réservées aux transports en commun ont été symboliquement rouvertes aux voitures.
La zone à trafic Limité (ZTL) du centre-ville pourrait être aussi réduite. En revanche, la « ville 30 » ne semble pas remise en question…
Mais les grands projets structurants métropolitains sont déjà largement engagés : le projet Inspire (réorganisation du réseau de bus, ligne de tramway complétée par la création de 27 km de nouvelles lignes BHNS avec aménagements paysagers et piétonniers) est bien avancé ; le schéma cyclable, réalisé à environ 60 %, devrait se poursuivre, mais de manière modérée pour combler prioritairement les discontinuités, sachant que la qualité et la quantité des aménagements cyclables existants ont déjà augmenté l’usage quotidien du vélo par les Clermontois.
Ainsi, cette alternance politique de la ville centre devrait avoir des effets limités sur les transports et les mobilités actives, une partie des grands projets relevant de la Métropole, peu encline à les remettre en cause. À suivre.
Une nouvelle éco-station bus bientôt inaugurée à Boissy-Saint-Léger (94), où le piéton est l’acteur principal de l’aménagement
Ile-de-France – Vincent Chas – Rue de l’Avenir
© Rue de l’Avenir
Rue de l’Avenir a participé jeudi 11 juin à la visite de l’éco-station bus de Boissy-Saint-Léger.
Cette visite a réuni plus de trente personnes et était organisée par Ile-de-France Mobilités et la Société des grands projets, dans le cadre des 10 ans du programme des pôles du Grand Paris Express. Elle fut très enrichissante grâce au pilotage de Pamela Félix, qui participe à ce projet depuis l’origine (EPT Grand Paris Sud Est Avenir).
Les éco-stations bus sont de nouvelles gares routières, mieux intégrées dans un pôle multimodal. Elles ont pour objectif principal de donner une place prépondérante aux piétons, de faciliter l’accès du site pour les transports collectifs et de réduire les temps d’accès à la gare pour les voyageurs entre bus et train.
Celle de Boissy-Saint-Léger remplace une ancienne gare routière conçue il y a plus de 40 ans et où s’étaient produits au cours des dernières années de nombreux accidents, dont deux mortels.
Les piétons qui se déplacent en transit, entre un bus, un vélo ou la gare RER, y sont désormais prioritaires. Ils bénéficient de larges espaces piétonniers, d’ombrages importants et d’une végétalisation accrue des espaces publics. En matière d’équipement, l’éclairage et l’information voyageur y sont particulièrement soignés.
Rue de l’Avenir a formulé diverses observations et demandé que les nombreuses assises puissent être équipées d’accoudoirs (ce qui n’est pas le cas à ce jour) qui seront très utiles aux personnes âgées en raison du vieillissement de la population.
© Rue de l’Avenir
Un concours architectural a permis de sélectionner un projet exemplaire, qui fait de l’éco-station bus de Boissy-Saint-Léger un équipement phare de ce quartier en cours de renouvellement urbain progressif.
Sécurité des usagers et cohabitation apaisée entre les différents modes de déplacement, piétons, cyclistes et trottinettistes en particulier, sont des résultats qui apparaissent déjà lors de la visite de ce site. Les travaux de réalisation de l’éco-station bus s’achèveront fin 2026 et elle sera alors remise à ses gestionnaires locaux (EPT Grand Paris Sud Est Avenir et commune).
Le réseau de correspondants locaux de Rue de l’Avenir est disponible pour répondre aux demandes d’information concernant l’association.
Retrouvez toutes nos actualités (publications, prises de position, comptes-rendus de journées d’échanges, etc.) sur notre site internet et notre actu sur Facebook et Bluesky




